notre expo
Notre expo
« Notre Expo » interroge l’héritage, la fonction et les modes d’organisation des expositions universelles, alors qu’Osaka accueille à nouveau l’événement cinquante-cinq ans après la grande exposition de 1970. En s’appuyant sur les archives de l’Expo ’70, notre approche artistique propose une alternative « humble » et « commune » aux expositions universelles, bien souvent « élitistes » et « démesurées ».
« Notre Expo » se structure selon deux principaux axes. Nous souhaitons organiser une « Expo des Indépendances » alors que de nombreux peuples et territoires subissent encore des politiques coloniales ou demeurent plongés dans un état de guerre permanente. Il s’agit également de questionner l’idéal de la « société du futur » que promeuvent les expositions universelles successives, en adoptant une posture critique, ancrée dans une perspective prolétarienne.
En état de siège depuis des années, Gaza pâtit ces derniers mois des bombardements constants de l’armée israélienne, en violation du droit international. En réaction, se sont développés des mouvements de soutien à la Palestine au sein d’une partie de la scène artistique japonaise contemporaine. Un parallèle peut être établi entre les mouvements d’opposition à la guerre du Vietnam qui accompagnaient l’Expo ’70, et les mobilisations propalestiniennes en 2025.
En outre, les thèmes proposés par les villes candidates à l’accueil de l’Exposition universelle visent bien souvent à promouvoir l’identité nationale et l’industrie des pays hôtes potentiels. Nous souhaitons mettre en lumière les paradoxes institutionnels liés à la notion de « société du futur », tout en questionnant, sous un angle philosophique, la dimension violente et oppressive que recèlent les discours sur l’innovation technologique et l’identité. Le progrès technique sous-tend le principe d’accumulation des capitaux à l’œuvre dans nos sociétés capitalistes. C’est pourquoi nous devons examiner les conséquences éthico-politiques de la technique même.
Sommaire
Sanwa Ichiba
exposition
Isaka Shū
Kawaguchi Rio
Higashihata Takako
Futoyu Masaharu
Maeda Shinji
événements
shibata mizuki
gewalt dantai
kawaguchi rio
KINTEKI GIRLS
kuroda kenta
Kaijixyuu Theater
gewalt dantai
kuroda kenta
ariyoshi ray
kuroda tenkō
iinuma yōko
dyeing and weaving atelier tonari
Gewalt Dantai
programme
Isaka Shū, Remote ∵ Workoм, cinéma en temps réel, 2025
Sans doute est-il possible de travailler sans être limité localement, mais un corridor de technologies de surveillance et de méfiance mutuelle entre employeur et employé est partout silencieusement édifié.
Tandis qu’il poursuit la conception de mégastructures au moyen de l’environnement virtuel IR-BIM, qui simule de façon infiniment régressive toutes sortes de phénomènes, le processus probabiliste de saut cognitif appelé « Zeno Surprise » fait émerger, à l’intérieur du corridor, AIR-BIM, une inversion de cet espace à régression infinie. L’air de ce lieu lointain vient s’y engouffrer par la fissure du corridor née de l’annihilation réciproque des structures.
Photographie : Futoyu Masaharu
Kawaguchi Rio, Armor-Gasaking α : Ombre et lumière, destruction et régénération, vidéo, 2025
Dans le marché de Sanwa se trouve un monstre nommé Gasaking α. Lorsqu’il revêt un tablier, une cuirasse, ou quelque forme d’armure, il devient Armor-Gasaking, incarnation même d’Amagasaki. Dans cette vidéo, Armor-Gasaking α, muni d’un tablier et doté d’une armure assimilable au travail domestique, détruit puis de régénère son propre travail, en consommant lui-même ce qu’il a cuisiné. L’œuvre dévoile la destruction latente, l’ombre inhérente au monstre, au marché et au travail domestique, et vise la régénération de Gasaking α.
Photographie : Futoyu Masaharu
Higashihata Takako, Beyond the mirror, installation, 2025
Installation tributaires de reflets et jeux de miroir, cette œuvre met en lumière l’intériorité du spectateur et invite à s’interroger sur la signification de l’exposition dans son ensemble. Par ailleurs, les allées et venues des visiteurs entre les dieux lieux d’exposition déploient une résonance entre les œuvres des deux espaces.
Photographie : Futoyu Masaharu
Higashihata Takako,Resonant voices, scent carries, installation, 2025
Lieux : boutique Marusa Shōten dans le marché de Sanwa et Sanctuaire Kifune
Quels souvenirs vous évoque le parfum du citron ? Les couleurs vives des étals d’un marché, un paysage méditerranéen, un soda bu lors d’un été brûlant…Nous vous invitons à découvrir l’exposition en vous laissant guider par ce parfum. Nous espérons que cette exposition se liera à son tour aux souvenirs olfactifs enfouis au plus profond de vous* et qu’elle persistera longtemps dans votre mémoire. Le citron est également l’une des cultures emblématiques de la Palestine, un symbole aux côtés de la pastèque ou de l’olive, dont il partage la valeur symbolique. Nous vous invitons également à vous rendre au Sanctuaire Kifune, affectueusement surnommé « M. Kifune d’Ama », une prière pour la paix à l’esprit.
*Phénomène proustien : l’expression inspirée de l’œuvre de Marcel Proust. Elle désigne le phénomène par lequel une odeur particulière fait resurgir avec une netteté saisissante des souvenirs et des émotions passés, comme s’ils étaient revécus.
Photographie : Futoyu Masaharu
Futoyu Masaharu, Notre Expo 1970, moniteurs, drapeaux nationaux, 2025
En 1970, l’exposition universelle d’Ōsaka (Expo’70), organisée sur le thème « Progrès et harmonie pour l’humanité », fut pensée comme une célébration grandiose de l’avenir. Aujourd’hui encore, ceux qui l’ont vécue l’évoquent avec une mémoire vive ; elle suffit, même pour les générations d’après, à imaginer la vision saisissante du futur qui y était proposée. Dans le cadre de ce projet, des entretiens ont été menés avec des personnes ayant vécu l’année 1970. Qu’il s’agisse de visiteurs assidus de l’Expo’70 ou de personnes qui se trouvaient alors dans des lieux tout autres, c’est à travers la diversité de leurs points de vue que seront esquissées les figures du futur tel qu’il fut imaginé et de celui qui aurait peut-être pu advenir.
Photographie : Futoyu Masaharu
Meada Shinji, Savourer la vie, installation, 2025
Fondée sur l’objectif « Concevoir la société du futur, imaginer notre vie de demain », l’exposition universelle 2025 a principalement eu lieu sur l’île artificielle de Yumeshima. Fastueusement parée, elle concentrait savoirs, technologies et capitaux. Moi qui ne possède rien de tout cela, j’ai trouvé réjouissant de chercher quelque chose qui traiterait des mêmes thèmes, en résonance avec le ciel, la terre et l’univers tout entier, avec les aspirations au futur, aux liens entre les êtres, aux habileté virtuelles extraordinaires, aux hypothèses et structures provisoires, et bien d’autres choses encore. Je me contente de poser là cette question, dépouillée de tout effet de style : que reste-t-il lorsqu’on dépouille un objet de tout design ?
Photographie : Futoyu Masaharu
前田真治
Remplir des bouteilles de Coca-Cola avec de l’eau, en composer une phrase musicale à partir de « Bonjour du pays du monde » de Minami Haruo, puis créer une composition à partir des variations de hauteur produites par l’évaporation naturelle.
Photographie : Futoyu Masaharu
Shibata Mizuki, La vie en rotation, performance de modelage et d’observation, 2025
Photographie : Futoyu Masaharu
Gewalt Dantai, Pastèque&Rendez-vous galant, performance, 2025
Performeurs : Hirai Kanoko, Alexandre Taalba
Une simple promenade main dans la main, n’est-ce pas ?
Photographie : Futoyu Masaharu
Kawaguchi Rio, Armor-Gasaking α : Ombre et lumière, destruction et régénération II, performance, 2025
Photographie : Isaka Shū
Kawaguchi Rio, Autrefois, c’était à nous, papiers, 2025
Sur une île faite de déchets et d’impôts s’élèvent aujourd’hui les sites de l’exposition universelle. Pourtant, ces déchets comme cet argent n’étaient-ils pas, à l’origine, les nôtres ? Nous, corps de chair, marchons, nous sommes en route. C’est une marche pour reprendre ce qui nous appartient. Nous détruisons autrement qu’en bombardant et nous régénérons ensuite ce qui a été détruit.
Photographie : Kawaguchi Rio
KINTEKI GIRLS, GUERRILLA KINTEKI GIRLS DANCE PARTY, danse festive
Une fête où l’on apprend et pratique les pas de danse « KINTEKI », lesquels peuvent servir d’autodéfense en cas de besoin.
Gewalt Dantai, Par un homme ordinaire, pour un homme ordinaire, performance, 2025
Performeurs : Hirai Kanoko, Alexandre Taalba
Reprise d’une œuvre d’Atsugi Bonjin, considéré comme le premier danseur postmoderne au Japon.
Photographie : Isaka Shū
Kuroda Kenta, Day say so, - Les jours parlent, performance et mouvements corporels, 2024
Debout, d’ici et maintenant, je vous adresse cette déclaration. Ici, service de récupération des objets encombrants. Vélos, motos, tricycles, poussettes, batteries, traitements de texte, clés USB, colonnes vertébrales, viscère. Nous nous chargeons également du tri de tout ce dont votre foyer n’a plus besoin. Clean clean clean On annonce des orages pour la fin de journée. Des éclairs vont flasher. N’oubliez pas votre parapluie avant de sortir. Nous faisons le ménage ce week-end. Même trempés par la pluie, cela ne pose aucun problème L’extérieur est par là Vous ne voyez pas ? Ne vous inquiétez pas, cela reviendra à la vie.
Photographie : Isaka Shū
Ariyoshi Ray, Manger de la poésie, rendre du théâtre, œuvre performative, 2025
Performeuses : Ariyoshi Ray, Hirai Kanoko
Musique : Awtul N Lexla
Une structure en deux temps : un temps fort de soixante minutes avec entrée et sortie libres, suivi de cinquante minutes sans possibilité d’entrée en cours ; puis un temps supplémentaire de soixante minutes à l’extérieur du théâtre.
Il s’agit d’une tentative de faire renaître, dans l’Amagasaki de 2025, des paroles venues de Palestine, puis de les transposer dans l’art comme outil au service de l’activisme. Concrètement, cela prend la forme de kamishibai, de musique noise, de casse de pastèque, de journaux, de lectures à voix haute ou d’écriture collective.
Photographie : Isaka Shū
Kuroda Tenkō, Chapitre du théâtre d’avant-garde sous tente du XXIe siècle, film, 2025
Le théâtre sous tente est issu du Théâtre Situation (Jōkyō Gekijō) de Kara Jūrō. Rompant avec le théâtre alors centré sur le nouveau drame (shingeki), il s’est tourné vers l’extérieur, voyageant de lieux en lieux sous une tente afin de faire surgir, à chaque étape, un nouvel espace alternatif. Au cœur même de la représentation, l’ouverture du rideau de la tente faisait naître un monde entre le réel et l’imaginaire, où se confondaient fiction et réalité extérieure. À travers les représentation de Matasaburō du vent dans la version Kara par Shinjuku Ryōzanpaku lors de le leur tournée coréenne, ainsi que celles de Pinocchio d’Al-Eizariya par la Caravane Palestinienne, ce film cherche à retrouver le point d’origine du théâtre sous tente.
Image extraite du film
Iinuma Yōko, Effeuillage, performance, 2013 – 2025
Performeurs : Iinuma Yōko, Alexandre Taalba
L’écorce de platane qui gît au bord de la route s’est détachée du domaine temporel des cernes de croissance et symbolise l’absence autant que le vide. À partir de ses morceaux, elle est reconstituée en une écorce-peau, puis revêtue comme un vêtement. Afin de sonder l’existence invisible cachée sous la peau, elle est détachée peu à peu comme des écailles, jusqu’à toucher son vide propre. Effeuillage est une séries de photographies qui capture ce geste. Dans cette exposition, elle est envisagée sous forme de performance. A travers des mouvements par lequels plusieurs vides entrent mutuellement en contact, l’œuvre cherche à faire advenir des silhouettes vivantes.
*Cette oeuvre contient des éléments pouvant heurter la sensibilité de certains.
Photographie : Futoyu Masaharu
Gewalt Dantai, Gewalt Snack, restauration, 2025
Avec : Sano Miho, Arthur Kanawati, Hirai Kanoko, Alexandre Taalba, etc.
Coopération : Kitagawa Hoshiko
Nuits de solitude
Rêves de révolte
Paroles échangées
Des verres partagés
Le sourire des amis

















